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Ne dites pas à ma mère que je suis « coworker»… Elle croit que je suis encore à Polytechnique !

La multiplication des coworkings à travers les territoires ruraux et urbains semblent configurer une nouvelle relation des hiérarchies traditionnelles du monde de l’entreprise. Le succès de ces bureaux partagés, nouveau type d’organisation du travail attire les industriels. Reste à savoir si cette forme d’économie collaborative est un business lucratif ou une réelle transformation ergonomique du monde du travail ?

Avez-vous assisté dans un coworking à deux scènes inédites, pour vous interroger sur la nouvelle relation au travail et à la hiérarchie en entreprise ? Imaginez au moins ! Nous sommes en France et vous arrivez dans un bureau qui s’offre à vous gratuitement pour mener votre activité professionnelle. Vous prenez place à une table que vous partagez avec quatre jeunes startepeurs et découvrez au fil du temps que ce sont des X fraichement sortis de Polytechnique. La fois suivante, vous y entrez et vous croisez un haut cadre d’une entreprise du CAC 40. Que fait-il là en costume cravate dans un local où on vient souvent en short pour mener son activité ? Avec ces pratiques, y a-t-il une prémonition chez les grands groupes ? Que l’esprit start-up est l’ADN de l’entreprenariat et de l’innovation de demain ?

Ces deux scènes illustrent la disruption de fond qui s’opère actuellement dans le monde du travail et la transformation des élites qui perdent de leur singularité française pour s’immerger dans un environnement sans identité territoriale et numériquement mondialisé. Il est loin le temps où l’X quittait son Ecole pour diriger des équipes de techniciens et d’ouvriers pour construire des routes, des ponts, des immeubles et des usines. Désormais des X peuvent tout aussi bien être attablés, face à leur ordinateur et inventer la future application numérique d’édition de livres jeunesses par exemple…

Dans ce sens, aujourd’hui même les cadres du CAC 40 s’intéressent à cette formidable force des coworking à mutualiser, à accompagner et à transformer des projets en startups profitables. Et vu sous cet angle, à termes toutes les entreprises innovantes vont se transformer en lieu collaboratif. Et pour cause, car s’il y a un fait avéré, un coworking avec ses dizaines de startupeurs assis côte à côte, travaillants sur des applications et projets divers, permet de multiplier les opportunités de réussite entrepreneuriale. Alors, pour un groupe du CAC 40, coincé dans ses métiers industriels organisés en silos, marge de manœuvre est restreinte pour changer d’activité du jour au lendemain.

Les coworkings se multiplient jusque dans les gares de Province et la question de leur vocation se pose. En effet, par comparaison avec une autre époque, les polytechniciens André Citroën, Conrad Schlumberger et Auguste Detœuf, ont chacun d’eux eu une vocation : le premier fut pionnier de l’automobile, le deuxième avec son frère Marcel a marqué l’industrie du pétrole et le dernier, fut une figure de l’industrie électrique en donnant naissance à Alstom. Mais aujourd’hui, de quelles vocations sont animés les polytechniciens du web, qui semblent oublier la devise de leur école « Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire » et sont plutôt dominés par les géants de la Sillicon Valley avec l’expression « Open Innovation » ?

Nidam ABDI

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