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Transition énergétique mondiale : coûteuse selon les uns, à moindre prix selon d’autres

(08 juin 2014) L’annonce cette semaine par Barack Obama de s’attaquer aux centrales à charbon, celle du gouvernement Valls de reporter la loi Ségolène Royal à 2015 et les 44 000 milliards de dollars, chiffrés mi-mai par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), pour développer les énergies « propres » d’ici 2050, laissent croire que la transition énergétique sera très chère. Un avis qui n’est pas partagé par tout le monde.

L’AIE a-t-elle fait tous ses calculs pour alarmer le monde, en annonçant ces derniers jours qu’à court d’investissements, on ne réussira pas la transition énergétique mondiale d’ici 2035 ? Sa directrice générale, la Néerlandaise Maria Van der Hoeven, a-t-elle raison de clamer qu’à force d’atermoiements des politiques, les pays ne cessent d’augmenter les coûts de la limitation du réchauffement et du développement des énergies « propres » ?
« Plus on attend, plus la conversion de notre approvisionnement énergétique est chère », avait averti, mi-mai à Séoul, la patronne de l’AIE, avant d’attaquer la dépendance encore au charbon, au niveau mondial. Un discours alarmiste qui a trouvé écho auprès de Barack Obama qui vient de lancer une croisade contre les centrales à charbon étasuniennes.

Jeremy Rifkin interpelle Barack Obama

Mais face à ce scepticisme mondial, on trouve une tendance qui prône un discours radicalement opposé et optimiste. Il s’agit de ceux issus du monde de l’informatique qui ne voient l’avenir énergétique que par son croisement avec les industries de la télécommunication. Ainsi, au lendemain du 31 mai, lorsque Barack Obama a décidé de viser spécifiquement les centrales à charbon dans sa volonté de mettre en place des normes pour diminuer de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, c’est le prospectiviste Jeremy Rifkin qui dans une longue tribune, remet en cause le manque de vision énergétique du président américain.

L’auteur de la Troisième révolution industrielle explique qu’une nouvelle pensée de l’économie de l’énergie est en train de se mettre en place avec l’apport des nouvelles technologies. Le consultant Rifkin de la région Nord-Pas-de-Calais utilise même l’expression Energy Internet, pour décrire un Nouveau Monde de la production, consommation et partage de l’électricité verte, qui à l’exemple des télécoms va amoindrir, au fil du déroulé de la transition énergétique, les coûts d’infrastructures des industriels du secteur.

L’avènement de « l’Energy Internet »

Jeremy Rifkin n’est pas seul à prôner un nouveau modèle économique avec l’avènement de cet « Energy Internet ». Chez Google, Facebook, Apple et d’autres acteurs majeurs de l’Internet, on parle déjà d’une énergie du partage, une sorte de carrefour émergent collaboratif qui va s’épanouir aux côtés du marché capitaliste classique. Pour appuyer ses prédications, Jeremy Rifkin prend même comme exemple son ami Gérard Mestrallet, figure du capitalisme classique du monde de l’énergie avec GDF Suez, qui découvre la révolution de l’auto-consommation. Les informaticiens voient pour bientôt une énergie, celle que nous utilisons pour chauffer nos maisons, faire fonctionner nos appareils, alimenter nos entreprises, alimenter nos véhicules, et exploiter toutes les parties de l’économie mondiale, générée à près de zéro coût et presque gratuite, dès le début de la décennie prochaine.

L’engouement pour la gratuité énergétique n’est pas un militantisme sans arrière-pensée pour les géants de l’Internet. L’imposante facture énergétique de leurs entreprises est en total décalage avec l’esprit écologique de leur monde Internet. Ainsi, le programme Open Compute Project porté par Facebook, Microsoft et Intel, et dont le but est de créer des spécifications matérielles libres afin de réduire les coûts des technologies et des infrastructures liés aux Datacenters et au Cloud Computing, ambitionne de revoir complètement le modèle traditionnel de circulation de l’énergie dans les bâtiments industriels, allant même jusqu’à supprimer la fonction du transformateur électrique.

Bob Metcalfe, le père des réseaux sociaux a une idée pour notre futur énergétique.

Les anciens acteurs de la production, distribution et consommation énergétique doivent prendre conscience que le monde des informaticiens ne s’arrête devant aucun obstacle. Il y a juste une année, le 24 juin 2013, un séminaire à l’École Militaire de Paris, a réuni Vinton Cerf, Gérard Le Lann et Bob Metcalfe, les pères fondateurs de l’Internet, autour du thème : « Les réseaux cyberphysiques – quelques ruptures prévisibles dans notre quotidien ».

Bob Metcalfe, celui qui a inventé la loi qui porte et définit que « l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs », c’est-à-dire le succès aujourd’hui des réseaux sociaux, a traité le sujet « Les futurs réseaux pour la transition cyberénergétique ». Bob Metcalfe s’est exprimé à propos de la diminution du prix de l’énergie, à l’exemple de la montée en puissance de la bande passante. Il est convaincu qu’il y aura des surprises pour l’énergie, comme cela l’a été pour l’Internet. D’une manière désarmante, Bob Metcalfe explique : « il y a vingt ans, lorsqu’Internet a commencé à se généraliser, on ne pensait pas que c’était pour inventer YouTube ».

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