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Smart Cities : Alger coincée entre Pittsburgh, Barcelone et Djakarta

Alger qui n’est jumelée avec aucune ville espagnole, mais est située en face de la plus intelligente ville du monde, Barcelone, accueillait, mercredi 25 janvier, une conférence consacrée à la transition numérique des villes. Un moment d’échanges entre experts internationaux et algériens sur fond de  forte inquiétude américaine.

Donald Trump pose problème à tous ceux qui, jusqu’à maintenant, ont loué la politique de Barack Obama concernant les villes intelligentes. Il fallut être à Alger pour entendre un Américain expert du sujet, Brian F. Keane, fondateur de SmartPower et chef de file, à Washington, en matière d’énergie propre, d’efficacité énergétique et d’environnement, s’interroger sur l’avenir, et surtout s’inquiéter pour tous ces maires d’Outre-Atlantique qui ont fait de leur villes, un modèle d’intelligence et d’efficience urbaine.

Le nouveau président des Etats-Unis, dont la première mesure est de bâtir un mur entre son pays et le Mexique et qui a, dès son investiture, entrepris d’éliminer le plan d’action pour le climat mis en place par Barack Obama, coupera-t-il aussi les finances fédérales en matière de développement technologique pour les villes intelligentes aux maires démocrates ? Voilà, ce qu’a sobrement expliqué Brian F. Keane qui trouve en Alger, une ville idéale pour développer l’énergie solaire.

Depuis Franklin Roosevelt et l’après-guerre, chaque président américain a désigné à ses côtés un conseil scientifique, composé de capitaines d’industrie et d’universitaires pour l’accompagner dans ses décisions d’investissements fédéraux. Celui de Barack Obama avait produit, il y a juste un an, en février 2016, un conséquent rapport au sujet des Smart Cities. Un document visionnaire qui vient de disparaître du site web de la Maison-Blanche, pour être versé dans les archives du premier président noir des Etats-Unis.

Organisée par Mourad Hadj Said, patron d’AD Display, leader en Algérie de la communication urbaine et qui aujourd’hui se déploie dans les villes du pays par des panneaux digitaux, la conférence « Smart Cities, vision future des villes algériennes », a eu l’avantage de proposer un panel représentatif du monde des experts actuels du secteur.

L’Espagne  y était présente en force avec l’universitaire José Luis Esteva, Pilar Conesa et Irene Compte de la société barcelonaise de consulting  Anteverti, qui accompagne entreprises et collectivités locales pour leur orientation vers le concept de villes intelligentes.

Dans un pays comme l’Algérie où le potentiel universitaire ne profite pas véritablement aux collectivités locales, José Luis Esteva a expliqué comment il arrive à l’Université de Gérone, de constituer des groupes d’étudiants multidisciplinaires pour intervenir sur telle ou telle métropole internationale ou territoire urbain. Pilar Conesa, aujourd’hui commissaire du Smart City World Expo Congress, l’événement mondial de référence dans ce domaine, s’est attachée à résumer comment Barcelone est devenue une référence mondiale en termes de bonnes pratiques des  villes intelligentes.

Côté Algérie, Abdellatif Bouziani, une réussite dans les télécoms dans les pays de l’Afrique de l’Est, le professeur en informatique Mohamed Mostefaï et Mustapha Mazouz, de l’Ordre des architectes d’Alger, faisaient prévaloir que l’émergence d’une pensée algérienne était possible sur les villes intelligentes, à condition que les pouvoirs publics développent un écosystème favorable.

A cela, la Barcelonaise Irene Compte on a donné deux exemples. Djakarta (Indonésie), où le gouverneur Ahok a désigné une jeune responsable de sa politique smart cities, Ellen Nio, aux applications citoyennes révolutionnaires, et Bill Petudo, maire démocrate de Pittsburgh (USA), ville qui a connu la crise sidérurgique des années 80 et qui aujourd’hui est devenue le symbole mondial de l’innovation en robotique.

Reste au maire d’Alger et aux collectivités locales du pays, présents lors de cet évènement, de faire le bon choix et de puiser dans un terreau universitaire et entrepreneurial algérien plein de talents. Et cela dans un pays comme le confie Mourad Hadj Said, l’ordonnateur de la conférence, « même ma propre maman de plus de 70 ans a aujourd’hui un smartphone » qui tourne sur un réseau 4G.

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