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Faut-il une police municipale de la cyber-sécurité ?

Le hacking de boîtes mails personnelles ou professionnelles de plusieurs responsables du mouvement En Marche vient encore alerter sur l’importance d’une politique au sujet de la cyber-sécurité. Ce piratage, à la veille du 2eme tour de la présidentielle et à un mois des élections législatives, doit aussi ouvrir une vraie réflexion sur le degré de protection informatique dans les collectivités locales. 

« Qui est le responsable de la sécurité numérique dans les villes intelligentes ? On nous parle de plus en plus de smart cities, de villes connectées, mais qui est chargé de l’ensemble de la sécurité d’une cité contre les attaques informatiques ? », s’interrogeait Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’infomation (Anssi), lors de la conférence à l’Unesco, début avril, « Construire la paix et la sécurité internationale de la société numérique ».

Dits avec ironie par le patron de l’Anssi, ces propos ne relèvent pas moins un certain retard et décalage dans les collectivités locales, entre volonté d’accélérer la transition numérique de leur territoires urbains et développer une vraie politique de cyber-sécurité pour se protéger des abus digitaux. A juste titre, Guillaume Poupard s’inquiète lorsqu’il affirme avoir très peu de relations avec les préfets des départements et encore moins avec les élus locaux.

Et pour cause, on peut constater en France dans les différentes conférences et rencontres consacrées au thème de la ville intelligente (et sujet annexe comme le bâtiment et les réseaux énergétiques) qu’il est rare de voir, dans les programmes de ces évènements, un expert de la cyber-sécurité invité. La réalité est tout autre aux USA, où gouverneurs des Etats, comme maires des villes, sont engagés pleinement sur le sujet et pour certains entendent investir dans la formation de techniciens contre le piratage informatique.

A Huntsville, dans l’Etat de l’Alabama, le maire Tommy Batte a créé, dès son arrivée à la tête de la municipalité en 2008, une rencontre nationale de la cyber-sécurité. Ce lundi 8 mai, il a présenté le programme de ce sommet qui se tiendra du 6 au 8 juin prochain. Un événement qu’il a décrit comme « prééminent pour la formation cybernétique, l’éducation et le développement de la main-d’œuvre visant à protéger l’infrastructure de notre pays de la cyber menace en constante évolution », avant de laisser la parole à Rodney Robertson, le président de cette 9ème édition qui précise que : « …la menace cybernétique est l’un des défis de sécurité économique et nationale les plus sérieux auxquels notre pays est confronté. La cyber-sécurité touche presque tous les aspects de notre vie – infrastructures essentielles, services bancaires, soins de santé, transports, etc…».

Par comparaison, on pouvait compter sur les doigts des deux mains les responsables de l’informatique des collectivités locales présents, début avril, à l’Unesco à l’événement de la cyber-sécurité « Construire la paix et la sécurité internationale de la société numérique ». A l’heure où des villes françaises échafaudent leur avenir numérique, multiplient les expériences et notamment l’installation de capteurs et d’objets connectés dans leurs territoires, il est essentiel de s’interroger sur les meilleures sécurisations numériques de l’espace urbain. Se pose alors la question de police municipale pour se prémunir de cyber-attaques pour offrir une confiance aux citoyens sur tout abus digitaux.

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