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Corinne Erhel, une pensée française du rôle de législateur

Alors que le mouvement La République En Marche embauche ses futurs candidats aux législatives, le destin a voulu qu’il soit en même temps en deuil d’un modèle de député en région (la députée est décédée le vendredi 5 mai).

Comprendre pourquoi Corinne Erhel, élue de la 5e circonscription des Côtes-d’Armor, faisait l’unanimité à l’assemblé nationale, c’est avoir un exemple de bonne pratique d’une députée qui pense tout à la fois, son territoire, la nation et l’Europe.

Dans la confusion des coulisses des préparatifs des élections législatives, on a déjà oublié que le Parti socialiste avait retiré, à la défunte, son investiture PS lorsqu’elle a rejoint, en décembre dernier, le mouvement du candidat Macron. Ironie de l’histoire, lorsque aujourd’hui ce sont les ténors du parti de François Mitterrand qui quémandent une investiture à La République En Marche.

Malgré une pression qu’on pouvait supposer de ses collègues socialistes, Corinne Erhel a fait le choix de rejoindre Macron, par audace. Le message était clair, il y avait une frustration chez la députée qui, depuis 10 ans, a alimenté l’Assemblée nationale en travaux dans le domaine du numérique, de voir que le courant auquel elle appartient n’a pas de doctrine concernant l’hégémonie économique des GAFA sur l’Europe.

Par sa formation de diplômée en aménagement du territoire et particulièrement concernant le monde rural, Corinne Erhel n’a jamais succombé à la séduction des codes hégémoniques de la Silicon Valley. À juste titre, puisque dans ses Côtes-d’Armor natales, les industries et la recherche dans les télécommunications ont, depuis les années 60, été très présentes.

Dès 2008 et ses premiers travaux, avec le député Jean Dyonis de Séjour, sur la confiance dans l’économie numérique, elle préconise de toujours veiller à ce que la valeur dans le monde digital soit toujours maintenue dans le territoire où elle est produite. Plus tard, avec la députée Laure de la Raudière, elle aussi élue d’un territoire rural, elles défendent face aux monopoles numériques des GAFA, une politique européenne par la création de plateformes au niveau du Vieux Continent.

Si le destin n’avait pas été si cruel à la veille des élections présidentielles, on aurait pu imaginer que Corinne Erhel aurait été aux premières loges pour expliquer avec pédagogie aux candidats profanes de La République En Marche, les arcanes de la députation et les ficelles de l’Assemblée nationale.

On pouvait croire surtout, qu’elle aurait détaillé ses idées, et celles du président Macron sur l’univers du digital, aux candidats et dont elle a déjà donné les grandes lignes mi-mars dernier, lors de l’université du numérique du Medef :
1) la connectivité en haut débit du territoire, 2) l’inclusion des personnes, 3) la transformation numérique et l’industrie du futur des TPE et PME, 4) la donnée, la cyber-sécurité étatique et individuelle, 5) l’internationalisation des entreprises françaises.

Tous ces points, la députée des Côtes-d’Armor les inscrivait dans une politique de rapprochement des entreprises et des établissements scolaires pour favoriser l’apprentissage et la formation continue dans l’univers des nouvelles technologies. Corinne Erhel disait : « Si on veut une société qui se transforme par le numérique, cela commence nécessairement par la famille et la formation au codage… »

Reste à savoir maintenant qui sera le ou la garante de cette vision singulière au Parlement.

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