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Les économistes de la construction dans la smart city

Il existe des métiers, dont il est difficile de prévoir l’avenir ! L’économiste de la construction, jusque-là maillon essentiel entre le maître d’ouvrage, l’architecte et l’entreprise du bâtiment, s’interroge sur son destin numérique.

Alors que le bâtiment connaît une embellie ces deux dernières années, un de ces métiers les plus discrets mais ô combien essentiel connaît des incertitudes sur son avenir, tant l’impact du numérique sur le bâtiment l’affecte profondément. Pas uniquement, il y a aussi les évolutions réglementaires et législatives qui inquiètent ces professionnels du concret, en termes de construction. Pour ce dernier, il y a les rêves du maître d’ouvrage, l’imaginaire de l’architecte et le réalisme de l’entreprise générale du bâtiment. Entre les deux premiers et le troisième, l’économiste de la construction est celui qui donne la mesure comptable du projet, son coût.

Bref, l’économiste de la construction est un cartésien qui, ces trente dernières années, se trouve confronté à la loi Moore, cette théorie de la montée en puissance de l’informatique. Pour les plus fatalistes des membres de la corporation, le métier va inexorablement être remplacé par des logiciels, des algorithmes, de l’intelligence artificielle, aux mains des architectes et des entrepreneurs du bâtiment. Pour les plus optimistes, la profession a de l’avenir tant les architectes comme les entrepreneurs sont incapables d’assurer la tâche de métreur/vérificateur avec conviction et rigueur.

Fin mai 2018, l’Union nationale des économistes de la construction (Untec), l’unique organisation professionnelle française qui représente cette corporation, a voulu gagner une nouvelle dimension pour traiter les sujets disruptifs pour sa profession. Son congrès annuel est devenu la première manifestation internationale de la profession et il était fort intéressant de voir des économistes canadiens, chinois, ougandais, finlandais, irlandais… etc., confronter avec leurs homologues français leurs différences d’un pays à un autre, mais aussi ce qui impact leur activité. Et là, effectivement la maquette numérique (BIM) et la gestion de la donnée sont des points communs aux économistes de la construction du monde entier.

A cela s’ajoute la loi ELAN qui vient selon certains articles parus dans la presse, créer de « l’inquiétude, voire de l’angoisse » comme le signifie Pascal Asselin, président de l’Untec qui s’interroge sur l’avenir : « Nous ne voulons pas avoir à gérer l’érosion systématique de nos compétences et la fuite de nos jeunes talents vers les grands centres urbains, les acteurs publics ou les conglomérats privés ».

Avec la complexité croissante des techniques de la construction et des réglementations à respecter, le métier s’est développé depuis 1992. Mais voilà, avec la transition numérique il semble que ce soit la peur d’un déclin à venir, comme dans d’autres métiers, qui s’installe. Mais ne voulant pas se laisser disrupter sans un minimum de résistance, ces professionnels qui interviennent dans toutes les phases de la réalisation d’un bâtiment, ont lancé avec l’Untec, des soirées « Afterwork » et « Best Practices » à travers toute la France. Manière judicieuse pour une profession qui s’exerce en solitaire, de resserrer les rangs pour prévenir l’avenir.

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