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Salon des Maires : l’avenir c’est le partenariat communes/universités

L’évènement dédié aux municipalités françaises aborde, chaque année à dose homéopathique, la transition numérique des territoires. Cette 23ème édition confirme malheureusement que l’on est encore loin en France, d’un rapprochement entre collectivités locales et monde des sciences numériques. Constat.

Au nord d’Athènes, il faut plus de quarante minutes pour se rendre de Larissa, la capitale de la Thessalie, à la ville de Trikala. C’est le trajet régulier que le professeur Leonidas Anthopoulos emprunte pour donner des cours à l’Université des sciences appliquées de Thessalie et conseiller le maire de Trikala dans le domaine des villes intelligentes. Cette implication de l’universitaire auprès du maire de Trikala a permis, à cette dernière, de devenir au niveau mondial, une ville emblématique de la transition numérique des territoires.

Ainsi, à l’heure de la baisse des dotations quel élu français peut se targuer d’avoir réduit de plus de 50% (de 45 à 20 millions d’euros) la dette de sa municipalité à l’exemple de Trikala. Le maire de cette dernière, Dimitri Papastergiou, a pris les rênes de sa ville en 2014 en pleine crise du pays et a réussi à bâtir une vraie stratégie numérique qui a fait passer sa ville, du marasme économique de la Grèce à une smart city mondialement exemplaire. Même le journal britannique The Guardian ne s’est pas trompé lorsqu’il a, cet été, dépêché un grand reporter pour raconter la transformation en cité efficiente, de la ville natale de Vassilis Tsitsanis, le père du rébetiko, la musique populaire grecque.

Dans cette vertigineuse transition numérique qui depuis la moitié des années 90, bouleverse la relation des citoyens avec leurs collectivités locales par l’offre quotidiennement de nouveaux services et solutions, des maires ont compris, de part le monde, qu’il faut accentuer les relations entre leurs administrations, services municipaux et les universités, instituts et grandes écoles établis sur leur territoire. On le voit à Pittsburgh, capitale de l’Etat de Pennsylvanie, aux USA, où le maire Bill Petudo et Subra Suresh, l’ex-directeur de Carnegie Mellon, l’université de la ville ont signé plusieurs conventions de collaboration. A Bristol, au Royaume-Uni, les activités numériques soutenue par la mairie et l’université ont donné naissance à la jointe venture “BIO”, pour “Bristol Is Open”. A Santander, au nord de l’Espagne où, en 2014, un pacte, entre un maire et un professeur d’électronique de l’Université de Cantabrie, a fini par transformer cette cité balnéaire en ville la plus intelligente d’Europe, selon les experts de Bruxelles. Enfin, Formigine, une ville de 33 000 habitant, de la province de Modène, dans la région de l’Émilie-Romagne, adhère, depuis 2008, à la “Convention des Maires”, une initiative européenne qui présuppose la volonté d’atteindre des objectifs environnementaux particulièrement ambitieux. Formigine a confié aux étudiants de l’institut local de formation Zenit Formazione, la lourde tâche de créer la communication destinée à promouvoir son projet de “Formigine Smart Community”.

L’absence d’universités, de grandes écoles et d’instituts de recherche au Salon des Maires qui se déroule en ce moment à la Porte-de-Versailles, illustre le retard des collectivités locales françaises sur ce segment de relation entre municipalité et monde de la recherche, et de l’enseignement. Certes, au Salon des Maires ont peut visiter le stand de l’Université de Lorraine ou écouter une conférence d’universitaires qui se comptent sur les doigts d’une main, mais on est très loin de ce qui se fait ailleurs.
Apprendre que les autorités de Singapour sont fières d’abriter aujourd’hui une antenne de notre fleuron, l’Institut de recherche technologique SystemX, et qui mettent déjà nos chercheurs français à contribution sur le projet «Smart Nation», alors que le même Institut qui regroupe des entreprises comme EDF, Engie SNCF, Spie…, et des universités ou instituts tels Paris-Saclay, Inria et Telecom-Sud-Paris, ne dispose même pas de quelques mètres carrés à la Porte-de-Versailles, voilà qui est inquiétant.
A l’occasion de leur congrès, les médias affirment ces jours-ci que « les maires sont fatigués par le manque d’argent et minés par le peu de reconnaissance », et qu’un sondage indique que la moitié pensent ne pas se représenter en 2020. Mais il est certain que les maires qui ne profitent pas de la transition numérique pour chercher, auprès des centres de recherche et de l’enseignement, des solutions intelligentes à offrir à leurs citoyens, et au bénéfice de leurs communes, mettront lourdement en jeu l’avenir des territoires en France.

 

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